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L’Acte psychanalytique – séminaire n°7(25 mars 2017)

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Lors du der­nier sémi­naire nous étions res­tés à s’interroger sur les rai­sons pour les­quelles il y aurait des gué­ri­sons « natu­relles et véri­tables » qui inter­viennent dés l’issue de la pre­mière phase de construc­tion dans la cure. Vous avez sans doute com­pris que pour moi elles consti­tuent des excep­tions au pro­ces­sus d’une cure que l’on pour­rait qua­li­fiée, sinon de type, au moins d’ordinaire ou de nor­male. J’avais com­men­cé de m’en expli­quer en avan­çant que la phase de construc­tion coïn­ci­dait avec la phase de décons­truc­tion qui abou­tit à la gué­ri­son. Comme si simul­ta­né­ment à cette construc­tion il y avait dis­pa­ri­tion de la croyance qu’elle serait cen­sée accré­di­ter et confor­ter. Il y aurait aban­don de la croyance en cette mytho­lo­gie dans le même temps où elle s’élabore. Mal­heu­reu­se­ment ces excep­tions ne manquent pas de confor­ter l’illusion de l’efficacité et de la per­ti­nence des pré­sup­po­sés freu­do- laca­niens : « puisque ces cures vont à bonne fin alors nos pré­sup­po­sés sont for­cé­ment per­ti­nents !» Bien sûr, nous savons que l’efficacité de notre pra­tique ne consti­tue pas une preuve de la consis­tance de nos pré­sup­po­sés. Mais la fas­ci­na­tion qu’exercent sur nous la réus­site, et le sou­la­ge­ment quand on doute, nous incite à la déné­ga­tion. Comme je l’ai rele­vé à plu­sieurs reprises, cela nous fait croire que, quoique assez rigou­reux, le pro­to­cole qui pré­side à la conduite des cures consti­tue un dis­po­si­tif expé­ri­men­tal comme il sied dans les sciences expé­ri­men­tales dites « dures ». Ce qui est inexacte car même si 100% des cures abou­tis­sait à la gué­ri­son, il n’en serait rien. En d’autres termes l’efficacité de la cure n’est pas une preuve de la jus­tesse du modèle théo­rique qu’on sup­pose lui ser­vir de sub­stra­tum. J’ai déjà indi­qué qu’il fal­lait appli­quer à la cure psy­cha­na­ly­tique l’aphorisme que Lacan des­ti­nait aux autres psy­cho­thé­ra­pies : « une pra­tique n’a pas besoin d’être avé­rée pour opé­rer ». C’est la limite des sciences humaines conjec­tu­relles dites humaines. Seule la consis­tance de la construc­tion et la robus­tesse des pré­sup­po­sés fon­da­men­taux du modèle peuvent en garan­tir la vali­di­té. Bien évi­de­ment une mytho­lo­gie ne peut tenir lieu de modèle. Mais un modèle n’est qu’un modèle et ne peut rendre compte d’une série de phé­no­mènes (consi­dé­rés comme des faits) dans le cadre d’un péri­mètre que le dit modèle cir­cons­crit lui-même. Dans cette pers­pec­tive on peut espé­rer rendre compte d’une manière objec­tive (et expli­quer) l’ensemble des phé­no­mènes obser­vés qui entre dans ce cadre. C’est ce que j’ai ten­té de mon­trer et de pré­ci­ser dans la pre­mière par­tie de mon der­nier livre « Esquisse d’une cli­nique psy­cha­na­ly­tique struc­tu­rale ».

Comme je l’évoquais anté­rieu­re­ment, ces cures excep­tion­nelles et la manière dont elles se déploient et se résolvent, évoquent celles que l’on conduit avec les enfants. Ce qui n’est pas ano­din. Or, comme vous le savez je pose que la grande majo­ri­té des troubles psy­chiques que mani­festent les enfants ne res­sor­tissent pas de mala­dies psy­chiques chro­niques. Et même cette hypo­thèse s’étend aux ado­les­cents et aux jeunes adultes. Disons jusqu’à 25 ans. Il faut être extrê­me­ment pru­dent pour poser un diag­nos­tic de troubles chro­niques. En tous cas dans l’enfance. Ce n’est pas que l’on ne ren­contre pas de névrose ou de psy­chose chez les enfants et les ado­les­cents, mais elles sont rares. Pour­tant, je n’en dis­con­viens pas, phé­no­mé­no­lo­gi­que­ment cer­taines peuvent faire pen­ser à de véri­tables affec­tions chro­niques. Pour com­prendre cette affir­ma­tion qui peut heur­ter, et faire pen­ser à une croyance opti­miste de celui qui l’énonce, il faut se repor­ter à la défi­ni­tion théo­rique qui per­met de faire le départ entre troubles aigus et troubles chro­niques (dif­fé­ren­cia­tion reprise à la psy­chia­trie) que j’ai ten­té d’apporter dans un sou­cis de cla­ri­fi­ca­tion cli­nique. De fait, le fait que des symp­tômes per­durent ne me parait pas suf­fi­sant pour dif­fé­ren­cier un syn­drome aigu d’une mala­die chro­nique. Pour qu’un dys­fonc­tion­ne­ment psy­chique soit véri­ta­ble­ment consi­dé­ré comme chro­nique il faut, et je dirai il suf­fit, qu’il y ait une éla­bo­ra­tion mytho­lo­gique répu­tée patho­lo­gique (on pour­rait dire délire expli­ca­tif) et que celle-ci ait subit une trans­for­ma­tion rhé­to­rique qui l’ait ren­due « pré­cons­ciente », c’est-à-dire inac­ces­sible à celui qui en est vic­time. Ce refou­le­ment (pour par­ler en terme freu­dien) dans le pré­cons­cient actua­lise une addic­tion sous l’égide de la croyance pour les névroses ou de la cer­ti­tude pour la per­ver­sion et les psy­choses. Addic­tion qui déter­mine les répé­ti­tions répu­tées patho­lo­giques j’y revien­drai. Etant atten­du que ces mala­dies chro­niques psy­chiques ont toutes pour ori­gines une défaillance dans le pro­ces­sus de sub­jec­ti­vi­sa­tion et l’accès mal­gré tout à l’implémentation du modèle syn­taxique. Or ces deux condi­tions, le défaut de sub­jec­ti­vi­sa­tion et l’accès au module syn­taxique, ne sont pas for­cé­ment avé­rées. D’abord parce qu’il y a chez les enfants des symp­tômes de dys­fonc­tion­ne­ment psy­chiques avant l’avènement du module syn­taxique. Ensuite on peut consta­ter que l’épreuve de sub­jec­ti­vi­sa­tion quoique dépas­sée, il y a d’autres épreuves de struc­tu­ra­tion de l’appareil psy­chique qui attendent les enfants et celles-ci peuvent occa­sion­ner des blo­cages.

C’est pour­quoi on peut tout à fait sou­te­nir que la majo­ri­té des troubles psy­chiques des enfants, des pré-ado­les­cents, des ado­les­cents et des post-ado­les­cents ne sont pas déter­mi­nés à par­tir d’une faille dans le pro­ces­sus de sub­jec­ti­vi­sa­tion. Et que bien qu’il y ait une ins­tance sub­jec­tive robuste, le pro­ces­sus de struc­tu­ra­tion ulté­rieure de l’appareil psy­chique donne lieu à des mani­fes­ta­tions symp­to­ma­tiques aus­si spec­ta­cu­laires qu’handicapantes. Et qui peuvent paraitre chro­nique parce qu’elles semblent s’installer et durer dans le temps, ce qui les fait confondre avec des troubles chro­niques. Ce n’est pas parce qu’elles per­sistent qu’elles sont pour autant chro­niques. Acces­soi­re­ment il est néces­saire de rap­pe­ler que du coté neu­ro céré­bral l’immaturité est patente et per­dure, aux dires de cer­tains neu­ro­logues, jusqu’à 25 ans. Qu’il y ait des blo­cages dans le cours de la struc­tu­ra­tion de l’appareil psy­chique, dans le pro­ces­sus épi­gé­né­tique tant endo­gène qu’exogène, ne semble pas une hypo­thèse tout à fait inso­lite. Pour y reve­nir, chez les enfants, il peut y avoir avè­ne­ment et robus­tesse du Sujet Incons­cient qui atteste d’une pré­sence psy­chique exis­ten­tielle sur le mode péremp­toire — c’est-à-dire éty­mo­lo­gi­que­ment défi­ni­tif — et appa­ri­tion de troubles symp­to­ma­tiques d’apparence chro­nique. J’ai déjà atti­ré l’attention sur le fait que le registre des mani­fes­ta­tions symp­to­ma­tiques était limi­té et celles-ci pou­vaient ren­voyer à plu­sieurs étio­lo­gies psy­chiques ou même orga­niques. Ce sont alors les autres phases cru­ciales de l’organisation psy­chiques qui peinent à se trans­for­mer. Il faut donc cli­ni­que­ment consi­dé­rer ces symp­to­ma­to­lo­gies comme étant l’expression exa­cer­bée d’un pro­ces­sus nor­mal de la struc­tu­ra­tion. Moment où l’auto-organisation bute dans la réso­lu­tion du pas­sage d’une phase d’organisation à une autre. Dif­fi­cul­tés, donc, que tout enfant affronte et, dans la plu­part des cas, sur­monte natu­rel­le­ment. Dans ces occur­rences, les affres (si vous me per­met­tez cet oxy­more) s’avèrent à bas bruit au point de pas­ser inaper­çus pour l’entourage. Elles ne bloquent pas, en tous cas, le méca­nisme d’auto orga­ni­sa­tion. Si j’emploie le terme d’affres, qui connote l’effroi ou l’horreur, c’est pour faire entendre ou mettre l’accent sur le fait que l’existence de l’enfant n’est pas, du point de vue de la struc­tu­ra­tion psy­chique, une siné­cure. L’enfance n’est pas un para­dis dans lequel il serait ange. Non pas à cause des ava­nies que lui impose l’extérieur. Car la majo­ri­té des épreuves qu’il subit et qu’il a à sur­mon­ter n’est pas le fait des inter­ac­tions avec l’extérieur mais dû à cette onto phy­lo­gé­nèse à laquelle notre espèce nous assigne. Mais mal­heu­reu­se­ment on n’en finit pas de faire accroire à cette idéa­li­sa­tion. Freud avait bat­tu en brèche cette idéa­li­sa­tion en décla­rant l’enfant « petit per­vers poly­morphe » sous l’égide du prin­cipe de plai­sir. Per­ver­sion dont nous aurions à faire la subli­ma­tion. Deux posi­tions anta­go­nistes qui sont struc­tu­rel­le­ment la même chose. Il y a sim­ple­ment chan­ge­ment de signe : ange ou démon par­ti­cipe à nous faire man­quer l’éprouvé de souf­france ordi­naire que l’enfant subit et par lequel il passe sa jeu­nesse. Même si cela a l’air, comme on dit, de se pas­ser bien. La com­plexi­té de cette struc­tu­ra­tion laisse pré­ju­ger qu’atteindre l’aptitude au diver­tis­se­ment, point d’aboutissement de la struc­tu­ra­tion psy­chique, n’est pas don­né d’avance. Il est claire que cette réa­li­té psy­chique de l’enfance, on ne sou­haite pas se la remé­mo­rer. C’est sans doute la rai­son pour laquelle on idéa­lise ou on dia­bo­lise l’enfance. Mais peut-être fau­drait il que les psy­cha­na­lystes s’en déprennent, d’autant que de ces souf­frances, ils ont, dans le meilleur des cas, retra­ver­sés les traces dans leur cure pour peu qu’elle ait été un tant soit peu didac­tique. Reste tout de même que cette his­toire de struc­tu­ra­tion de l’appareil psy­chique reste une expé­rience à nulle autre pareille. C’est sans doute ce qui motive ce qu’on appelle bien impro­pre­ment le désir du psy­cha­na­lyste. Je vous ren­voie au der­nier texte du livre pré­cé­dem­ment cité Inti­tu­lé L’Esprit de la psy­cha­na­lyse1.

AVERTISSEMENT

Le déve­lop­pe­ment qui va suivre ne concerne que les enfants, les pré­ado­les­cents, les ado­les­cents et les post ado­les­cents qui ont accès à la langue par­lée. Les symp­tômes qu’ils mani­festent sont donc les repré­sen­tants de blo­cages, et non de fixa­tions, qui ont jalon­nés le pro­ces­sus de struc­tu­ra­tion de l’appareil psy­chique sans pour autant l’arrêter. Tout se passe comme si ces acci­dents avaient été contour­nés sans être liqui­dés et réap­pa­rais­saient de manière intem­pes­tive à l’occasion, la plu­part du temps (mais pas tou­jours), d’évènements exo­gènes qui font office de déclen­cheurs (et non pas de causes). On ver­ra ulté­rieu­re­ment que quoique tout aus­si aigus, ces signi­fiants de struc­tu­ra­tion de l’appareil psy­chique peuvent aus­si débou­cher sur des « arrêts » réels de la phase où ils sont adve­nus sans que le pro­ces­sus d’auto orga­ni­sa­tion puisse se pour­suivre et sans que pour autant on puisse par­ler de fixa­tion. Il s’agit évi­de­ment de ce que dans la cli­nique psy­chia­trique on appelle, depuis le DSM V, « trouble du spectre autis­tique ». Bien que l’épreuve de sub­jec­ti­vi­sa­tion soit avé­rée, du moins par­tiel­le­ment.

LES TROUBLES AIGUS INFANTILES

Ces troubles aigus peuvent appa­raitre dans les deux pre­mières années de la vie. Bien sûr, quoique l’émergence sub­jec­tive soit avé­rée la struc­tu­ra­tion de l’appareil psy­chique peut se blo­quer tem­po­rai­re­ment parce qu’elle ne s’est pas véri­ta­ble­ment sta­bi­li­sée. Tout se passe alors comme si ce qui cause la per­tur­ba­tion tem­po­raire de l’auto orga­ni­sa­tion ce serait la fra­gi­li­té du sys­tème pho­né­ma­tique voca­li­sé. Cette fra­gi­li­té man­que­rait à assu­rer à l’enfant cette pre­mière pré­sence au monde psy­chique. Il serait donc néces­saire de confor­ter le sys­tème (et l’effectuation) pho­né­ma­tique dans le cadre de la cure. On peut en effet allé­guer que cette fra­gi­li­té d’affirmation voca­li­sante de pré­sence au monde aurait pour ori­gine une carence de l’épreuve du miroir. Comme si l’émergence de l’unicité dans le miroir n’avait pas fait retour pour confor­ter la pré­sence sub­jec­tive péremp­toire. Il y a donc deux causes pro­bables qui déter­minent ce blo­cage du pro­ces­sus d’auto orga­ni­sa­tion.

L’une concerne la fra­gi­li­té intrin­sèque des voca­li­sa­tions pho­né­ma­tiques. Tout se pas­se­rait alors comme si elles ne fai­saient pas suf­fi­sam­ment bar­rage aux fan­tasmes ter­ro­ri­sants endo­gènes ni aux intru­sions per­sé­cu­tantes externes. Le Sujet est donc mena­cé et en dan­ger. J’en avais eu l’intuition il y a près de qua­rante ans en écou­tant un enre­gis­tre­ment eth­no­gra­phique de chants pyg­mées en pré­sence de ma fille alors âgée de moins d’un an. De fait ces chants pyg­mées se consti­tuent uni­que­ment de voca­li­sa­tions répé­ti­tives ryth­mées. L’effet pro­duit sur elle était spec­ta­cu­laire. Elle jubi­lait. J’eu l’idée de faire entendre cet enre­gis­tre­ment à des enfants plus agés répu­tés à l’époque autistes, dans l’institution où, à l’époque, j’intervenais. Cela déclen­cha chez eu le même effet de jubi­la­tion. J’en conclu donc que ces voca­li­sa­tions confir­maient quelque chose de leur pré­sence au monde. A l’époque j’étais loin d’avoir éla­bo­ré cette méta­psy­cho­lo­gie qui per­met ma cli­nique. Mais quelque chose de cette expé­rience c’était ins­crit en moi. Quelque chose dont un de mes amis, à qui j’en avais par­lé, m’avait sug­gé­ré la nomi­na­tion : le chant freu­dien. Quoique Freud ait été sourd à la musique. Il faut dire qu’on était en pleine effer­ves­cence laca­nienne. On pour­rait dire que j’avais tou­ché là l’intuition de la consis­tance sub­jec­tive et consé­quem­ment de l’Inconscient. De la nature agres­sive de cette fonc­tion sub­jec­tive. De fait, il faut bien dire que cette dimen­sion est bien impor­tante comme l’attestent des ortho­pho­nistes qui ont de l’oreille. Et ce d’autant plus qu’elle tra­vaille avec des sourds. Les mères aus­si en ont l’intuition quand elle chante des comp­tines à leurs enfants.

Il ne suf­fit donc pas qu’il y ait jacu­la­tion de voca­li­sa­tion par l’enfant pour que celles-ci confortent la posi­tion sub­jec­tive. Il faut qu’il y ait un écho que je qua­li­fie­rais de visuel. Un effet miroir pour­rait on dire, dont se trame le lien social. Il faut quelqu’un qui l’atteste et y fasse butée. Cela peut être le psy­cha­na­lyste. Un Sujet qui entend et ren­voie à l’envoyeur. C’est cet écho qui a un effet struc­tu­rant. Cet effet struc­tu­rant ne sol­li­cite pas le registre de plai­sir, il peut aus­si y avoir du plai­sir mais ce n’est pas fon­da­men­tal, mais il sol­li­cite celui de la jouis­sance. Il entre en réson­nance avec la jouis­sance qui arrime le Sujet incons­cient à l’existence. Bien sûr il ne s’agit pas à pro­pre­ment par­lé de pré­si­gni­fiant, à part dans la musique vocale, mais de l’organisation com­pu­ta­tion­nelle de la « matière sonore mise en forme ». Peut on se ris­quer à dire qu’elle fait méta­phore de l‘économie sub­jec­tive ? Je serais assez enclin à y sous­crire. Peut-elle ser­vir de pro­thèse à une sub­jec­ti­vi­té défaillante ? Sans doute pas. En tout cas cela n’a pas été très pro­bant pour Schu­man. Pour ceux qui ont de l’oreille dans cer­taines de ses œuvres tar­dives on peut entendre les effets de cette dis­so­lu­tion sub­jec­tive contre laquelle il tente de lut­ter sans véri­ta­ble­ment y par­ve­nir. Je me suis long­temps deman­dé pour­quoi Levi Strauss dans le final de L’homme nu quand il tente de théo­ri­ser la fin des pro­duc­tions mytho­lo­giques dans nos socié­tés fait inter­ve­nir la musique. Il explique que les deux opé­ra­teurs consti­tu­tifs du mythe – la struc­ture sym­bo­lique et le sys­tème de signi­fi­ca­tion – se dicho­to­mise. La struc­ture sym­bo­lique du mythe migre dans la musique savante ; le sys­tème de signi­fi­ca­tion migre vers la lit­té­ra­ture et le roman. Il date cette trans­for­ma­tion du XVIème Siècle. Il consi­dère que cela intro­duit une rup­ture dans la posi­tion cultu­relle de la musique cette nou­velle fonc­tion sociale de la musique s’inaugure avec Mon­te­ver­di et Fres­co­bal­di. Au pas­sage de la musique de la renais­sance vers la musique baroque. Il est vrai, de plus, que Mon­te­ver­di sort la musique de la sphère sacrée pour l’introduire dans la laï­ci­té avec Orfeo. Bien sûr cette éla­bo­ra­tion n’est sans doute pas per­ti­nente d’un point de vue eth­no-anthro­po­lo­gique. La fonc­tion mytho­lo­gique existe tou­jours belle et bien dans l’organisation sociale de nos socié­tés tech­niques déve­lop­pées mais elle consiste sans doute ce que je repère comme lien social qui per­met la coexis­tence des sub­jec­ti­vi­tés. La musique dans sa fonc­tion sociale l’actualise. C’est d’ailleurs le seul art qui l’actualise. Dans cette pers­pec­tive la lit­té­ra­ture, le roman, actua­lise elle la fonc­tion moïque ima­gi­naire de la rela­tion. Le roman ne parle que de ça. Les rela­tions. Des rela­tions dans tous leurs états. La lit­té­ra­ture par­ti­cipe tou­jours d’un trai­té des moda­li­tés et des ava­tars de la rela­tion et des émo­tions qu’elle sus­cite.

De fait ces troubles aigus peuvent aus­si appa­raitre au moment du rema­nie­ment que requière le pas­sage entre la phase péremp­toire voca­lique et l’avènement de la phase de cer­ti­tude para­noïde. Ce blo­cage peut-être dû à la dif­fi­cul­té d’émergence des pré­si­gni­fiants sym­boles. Comme s’il était impos­sible à l’agressivité voca­lique « pas­sive » dont la fina­li­té, ou bien plu­tôt l’intentionnalité, était de s’opposer tant à l’intrusion des fan­tasmes de mor­cel­le­ment ter­ro­ri­sants endo­gènes tels que Klein les évoquent, qu’à celles exo­gènes en pro­ve­nance du monde et des autres. Pré­ser­ver la « bulle autis­tique » que les voca­lises per­mettent. Dès lors, l’agressivité intri­quée aux voca­lises reste pas­sive et ne se trans­forme en agres­si­vi­té active qui per­met­trait l’avènement d’une ins­tance Pré­moïque tota­li­taire. En d’autres termes pas­ser d’une inten­tion­na­li­té sub­jec­tive, qui consiste à tenir la note pour ne pas dis­pa­raitre, à une inten­tion­na­li­té qui s’exprime sous les espèces de l’élimination /​cap­ta­tion. Depuis Lacan cha­cun sait que l’opérateur de l’émergence du sym­bo­lique se consti­tue du meurtre de l’a-chose que l’apologue freu­dienne du Fort/​da méta­pho­rise. On peut en effet inter­pré­ter – ou lire- cet apo­logue à par­tir de cette oppo­si­tion « des­truc­tion /​appro­pria­tion » où le pre­mier élé­ment est la des­truc­ti­vi­té. Bien évi­de­ment par­ler du meurtre de l’a-chose est aus­si une méta­phore. Car on sait qu’à cette période l’agressivité est invi­diante. Et l’invidia n’a rien à voir avec la mise à mort mais avec l’élimination qui fait dis­pa­raitre. L’invidia telle que par exemple elle se mani­feste à la nais­sance d’un pui­né n’a rien à voir avec une pré­ten­due pul­sion de mort. Il s’agit de faire dis­pa­raitre l’intrus qui ne devrait pas être là. L’éliminer du pay­sage. C’est ce qu’on retrouve dans ce jeu avec la bobine où l’enfant com­mence par la faire dis­pa­raitre sous le lit. Il fait dis­pa­raitre. C’est donc, si on s’en tient à l’interprétation freu­dienne, faire dis­pa­raitre la mère en tant qu’elle vient à man­quer. Ce qui est inté­res­sant dans cette his­toire, c’est que cette inten­tion de faire dis­pa­raitre la mère qui manque, n’est sym­bo­lique que pour autant elle s’exprime par le pré­si­gni­fiant « fort ». Sans cette inter­pré­ta­tion, il n’y aurait pas véri­table sym­bo­li­sa­tion. Et c’est grâce à cette autre inten­tion­na­li­té toute puis­sante que l’enfant la fait réap­pa­raitre sous l’espèce du « da » (reve­nir). Ce qui semble donc impos­sible, onto­phy­lo­gé­né­ti­que­ment c’est la trans­for­ma­tion des pho­nèmes voca­li­sés en pré­si­gni­fiants sym­boles. En quelque sorte le fort/​da est impos­sible parce que l’agressivité défen­sive ne peut se trans­for­mer en Invi­dia conqué­rante. La pré­ser­va­tion du dedans ne peut se trans­for­mer en appré­hen­sion du dehors. Et la voca­lise pho­né­ma­tique est dans l’impossibilité de trans­for­ma­tion par un « meurtre » en jacu­la­tion éli­mi­na­toire d’un pré­si­gni­fiant sym­bole. En tout état de cause, tout se passe comme si l’agressivité « cen­tri­pète pas­sive » (défen­sive) ne pou­vait se trans­for­mer en agres­si­vi­té « cen­tri­fuge invi­diante » et faire bifur­quer le thé­sau­rus pho­né­ma­tique en deux moda­li­tés de sym­boles oppo­sés élimination/​captation qui per­mettent l’émergence d’un Moi Tota­li­taire (Moi Idéal ou nar­cis­sisme pri­maire pour reprendre les termes freu­diens) consti­tué d’un thé­sau­rus finis « de sym­boles » qui le repré­sentent.

C’est donc autour de cette inver­sion de vec­to­ri­sa­tion de l’agressivité (cen­tri­pète ver­sus cen­tri­fuge) que va se jouer (au sens lit­té­ral du terme) la conduite de la cure. En d’autres termes, et para­doxa­le­ment, favo­ri­ser la des­truc­ti­vi­té, pour faire adve­nir une pos­si­bi­li­té de sym­bo­li­sa­tion. On voit bien qu’on est là aux anti­podes d’une pra­tique psy­cho­pé­da­go­gique où on s’ingénie à cana­li­ser l’agressivité des­truc­trice au nom de la morale et de l’amour uni­ver­sel. L’agressivité des­truc­trice doit être pros­crite à l’aide d’une implé­men­ta­tion for­cée d’une pro­thèse sur­moïque. Encore faut il d’une part avoir situé la dif­fi­cul­té et le symp­tôme qui la révèle du coté du pas­sage de l’agressivité péremp­toire à l’invidia sym­bo­li­sante et d’autre part conduire cette phase dans la pers­pec­tive de la jubi­la­tion dont pro­cède le jeu. En quelque sorte en anti­ci­pant sa mise en abime du coté de l’imaginaire qui advien­dra ulté­rieu­re­ment (avec l’acquisition du module syn­taxique). Et en ne per­dant pas de vue qu’il s’agit de déclen­cher l’aptitude à sym­bo­li­ser. Il faut donc contex­tua­li­ser cette faci­li­ta­tion d’une mytho­lo­gie elle aus­si pro­thé­tique. Klein et d’autres psy­cha­na­lystes d’enfants, anglo- saxons (Wini­cott en par­ti­cu­lier) mais aus­si fran­çais, pra­ti­quaient déjà cette contex­tua­li­sa­tion mytho­lo­gique. Etant enten­du que sans avè­ne­ment d’un pro­to­lan­gage consti­tué de pré­si­gni­fiants sym­boles, il est impos­sible que l’auto orga­ni­sa­tion de la struc­tu­ra­tion de l’appareil psy­chique se pour­suive. Elle n’est pos­sible que pour autant cette apti­tude au jeu de l’agressivité soit si ce n’est valo­ri­sée tout au moins recon­nue.

Cette apti­tude est sans doute la sur­vi­vance de celle ins­tinc­tuelle dont jouissent les tout jeunes ani­maux, en tous cas les mam­mi­fères. Les étho­logues ont depuis long­temps consta­té que les jeux chez ces ani­maux anti­ci­paient des com­por­te­ments dont adultes ils auraient besoin pour s’adapter et se repro­duire. Ces jeux ne sont pas véri­ta­ble­ment ludiques ; ils pro­cèdent d’un pro­ces­sus d’intégration de schèmes de com­por­te­ments dont dépend la pré­ser­va­tion de l’espèce. Bien évi­de­ment ce pro­ces­sus inté­gra­tif est, pour l’essentiel, géné­ti­que­ment pro­gram­mé quoique la dimen­sion épi­gé­né­tique (ne fut-ce que sous les aspects de l’imitation des adultes qu’ils côtoient) n’est pas absente pour autant. On peut dire que les séquences de jeux d’agression, de quête, de copu­la­tion, de chasse etc.… sont déter­mi­nées géné­ti­que­ment. Chez les enfants ces séquences de jeu ne pro­gramment pas direc­te­ment les com­por­te­ments adultes ulté­rieurs, mais la capa­ci­té de l’appareil psy­chique à uti­li­ser et à rendre effec­tive les apti­tudes géné­tiques dont notre espèce a héri­té tout en ayant per­du la capa­ci­té de les mettre en œuvre direc­te­ment. Elles ne deviennent opé­ra­toires que pour autant l’appareil psy­chique conco­mi­tam­ment à l’appareil à lan­gage, soit consti­tué. Aide à la phase para­noïde de sa consti­tu­tion qui voit s’instaurer la dia­lec­tique entre Sujet incons­cient et le Pré­moi tota­li­taire, est une étape incon­tour­nable… mais qui ne doit pas per­du­rer. Condi­tion néces­saire mais pas suf­fi­sante pour que la struc­tu­ra­tion de l’appareil psy­chique abou­tisse.

Les troubles et les symp­tômes peuvent aus­si appa­raitre au moment du pas­sage entre le mode para­noïde, sous l’égide du Pré­moi tota­li­taire, et le mode para­phré­nique sous l’égide du Moi ima­gi­naire. Soit que la trans­for­ma­tion n’aboutit pas à l’émergence du Moi ima­gi­naire ; soit que la trans­for­ma­tion topique se soit pour par­tie effec­tuée et ait don­né lieu à l’apparition d’un Moi ima­gi­naire mais avec per­sé­vé­ra­tion du Pré­moi tota­li­taire. Dans cette der­nière occur­rence, il y aurait cli­vage. Etant enten­du que dans les deux cas le module syn­taxique ce serait consti­tué et serait opé­ra­toire. Modèle syn­taxique opé­ra­toire qui per­met à la fois le déve­lop­pe­ment expo­nen­tiel de la capa­ci­té lexi­cale et la struc­tu­ra­tion syn­taxique propre à la langue.

Dans le cas où la trans­for­ma­tion topique n’a pas eu lieu, tout se passe comme si la langue ou la pseu­do langue ne per­met­tait pas la mise en place de l’imaginaire et res­te­rait pure­ment per­for­ma­tive (méta­pho­ri­que­ment sous l’égide de la toute puis­sance para­noïde). On pour­rait dire aus­si « sym­bo­lique » sous le mode de la cer­ti­tude invi­diante et non pas « séman­ti­sée ». Ce serait alors un pro­to-lan­gage que la capa­ci­té syn­taxique et les consi­dé­rables acqui­si­tions lexi­cales auraient com­plexi­fié. De fait tout se passe comme si les mots ne par­ti­ci­paient pas du signe (consti­tué d’un signi­fiant et d’un signi­fié) qui per­met­trait la poly­sé­mie et la contex­tua­li­sa­tion. Or ce qui pour­rait engen­drer le doute, qui trans­forme la cer­ti­tude en croyance et ouvre le champ de l’imaginaire, c’est la poly­sé­mie qui donne au signe sa signi­fi­ca­tion grâce au contexte. En d’autres termes prend signi­fi­ca­tion équi­voque alors que le sym­bole est abso­lu­ment uni­voque. Ce n’est qu’à ce prix que peut s’opérer l’abolition de la cer­ti­tude et l’avènement de l’imaginaire. Dans cette pers­pec­tive d’un blo­cage extrême de la trans­for­ma­tion les symp­to­ma­to­lo­gies peuvent faire pen­ser à des mani­fes­ta­tions d’allure schi­zo­phré­niques ou para­noïques (pseu­do para­noïques).

Dans la cas où la trans­for­ma­tion a abou­ti à un cli­vage entre la moda­li­té para­noïde de pré­sence au monde et celle para­phré­nique, une capa­ci­té ima­gi­naire s’est bien mise en place mais elle coha­bite avec une capa­ci­té pure­ment per­for­ma­tive sous l’égide d’un Pré­moi tota­li­taire. Cette coha­bi­ta­tion peut-être conflic­tuelle ou sur un mode indé­pen­dant. La symp­to­ma­to­lo­gie peut évo­quer celle d’une pseu­do névrose obses­sion­nelle (coha­bi­ta­tion conflic­tuelle) ou celle d’une pseu­do per­ver­sion (indé­pen­dance).

Reste que pour reve­nir à la tech­nique qui opère dans ces cures, comme je le disais pré­cé­dem­ment en évo­quant les psy­cha­na­lystes anglo-saxons ou les « grandes tri­pières » comme il est arri­vé qu’on les sur­nomme (Fran­çoise Dol­to, Jen­ny Aubry, Maud Man­no­ni…), il ne faut pas s’en tenir au jeu et aux des­sins avec ces enfants. Il ne faut pas perdre de vue que, en der­nière approxi­ma­tion, toute inter­ven­tion psy­cha­na­ly­tique a pour objec­tif de consti­tuer et de faire consis­ter sin­gu­liè­re­ment une mytho­lo­gie qui per­mette l’avènement de la moda­li­té ima­gi­naire qui ulté­rieu­re­ment fera sens et appar­te­nance si tant est que les mythèmes consti­tu­tifs sin­gu­liers à l’enfant soient en réso­nance avec ceux qui par­ti­cipent à la culture du col­lec­tif dans lequel il évo­lue et doit s’intégrer. Comme je le dis il ne s’agit pas pour la psy­cha­na­lyse de « croire » (voir de s’émerveiller) en la véra­ci­té des signi­fi­ca­tions mytho­lo­giques que l’enfant est en capa­ci­té, une fois ces deux épreuves sur­mon­tées, de consti­tuer mais de per­mettre que cette moda­li­té ima­gi­naire se déploie et opère de telle sorte de lui assu­rer une pré­sence au monde pour autant, comme il a été dit au début de ce déve­lop­pe­ment, qu’il y ait en pivot un Sujet incons­cient avé­ré. On peut alors consi­dé­rer que le psy­cha­na­lyste se pré­sente comme un « accou­cheur » de mytho­lo­gies, dans le sens de la pra­tique maïeu­tique. Et pour­quoi pas freu­diennes… Œdipe, cas­tra­tion, haine des frères et sœurs…etc.

Bien sûr, il est rare que ces dif­fi­cul­tés et ces blo­cages de pas­sage et de trans­for­ma­tion du pro­ces­sus de struc­tu­ra­tion de l’appareil psy­chique soient repé­rés au moment où ils se posent, sauf dans le cadre d’institution comme la PMI ou d’une consul­ta­tion de pédia­trie ou bien plu­tôt de méde­cine géné­rale (en France 79 % des enfants de moins de 15 ans sont pris en charge exclu­si­ve­ment par leur « méde­cin trai­tant ») ou encore au moment de l’entrée en classe de mater­nelle, puisqu’aussi bien ces troubles appa­raissent entre 6 mois et 3 ans. Très sou­vent, comme je le disais pré­cé­dem­ment, ils peuvent pas­ser inaper­çus. Ce n’est pas pour autant qu’ils soient tou­jours véri­ta­ble­ment liqui­dés. Ils peuvent être occul­tés, et comme enkys­tés, quoique le déve­lop­pe­ment et la mise en place de l’appareil psy­chique se pour­suive. Mais l’enkystement n’est pas liqui­da­tion et les pro­blé­ma­tiques de blo­cage peuvent réap­pa­raitre à l’occasion de pas­sage ini­tia­tiques cultu­rels. Pas­sages qui rythment l’intégration sociale de l’enfant, puis de l’adolescent, puis de l’adulte. Dans nos socié­tés contem­po­raines et quoiqu’elles ne soient pas pré­sen­tées ni conçues comme cela, ces épreuves ini­tia­tiques se jouent d’abord dons le cur­sus sco­laire qui doit mener en fin d’analyse à une inté­gra­tion pro­fes­sion­nelle. Inté­gra­tion pro­fes­sion­nelle (parce qu’elle donne une auto­no­mie éco­no­mique) qui pré­side à la pos­si­bi­li­té d’autres rites ini­tia­tiques « sym­bo­liques » qui sont, pour sim­pli­fier, ceux qui per­mettent la ges­tion de la lignée, ceux de l’intégration sociale, et ceux qui per­mettent les rela­tions sexuelles.

De fait cha­cun de ces rites ini­tia­tiques, parce qu’ils néces­sitent et sol­li­citent des apti­tudes psy­chiques abou­tis, peuvent réac­ti­ver ces pro­blé­ma­tiques qui ont étés enkys­tées. Dans cette pers­pec­tive ces épreuves ini­tia­tiques « sym­bo­liques » s’avèrent alors trau­ma­tiques. Trau­ma­tiques dans le sens où ce qui se joue dans la réa­li­té sociale téles­cope et dévoile une carence dans la struc­tu­ra­tion de l’appareil psy­chique. Je sais que je vais me redire, les épreuves ini­tia­tiques de pas­sage, si elles appa­raissent comme insur­mon­tables, ne sont pas des causes (elles ne consti­tuent pas une étio­lo­gie) mais des consé­quences. C’est parce que quelque chose n’est pas tota­le­ment adve­nue dans la struc­tu­ra­tion de l’appareil psy­chique que le pas­sage ini­tia­tique est impos­sible. Et ces occur­rences de réveil de pro­blé­ma­tiques enkys­tées sont d’autant plus pro­bable au moment de la pré­ado­les­cence jusqu’au moment de la post ado­les­cence que durant cette période il y a un rema­nie­ment de l’organisation neu­ro céré­brale majeure, fra­gi­li­sant. Dol­to par­lait du « syn­drome du homard ».

C’est dans cette période que l’on peut assis­ter à la résur­gence de dys­fonc­tion­ne­ments psy­chiques aigus tout à fait spec­ta­cu­laires. En par­ti­cu­lier d’allure dis­so­lu­tive et pou­vant entrai­ner des bouf­fées déli­rantes ou des phé­no­mènes hal­lu­ci­na­toires qui font pen­ser à une entrée dans la schi­zo­phré­nie. Mais aus­si à des syn­dromes d’angoisse rava­geante ou de dépres­sion pro­fonde. Il faut consi­dé­rer, comme je le disais tout à l’heure, que l’intensité et la gra­vi­té des symp­tômes ne sont pas suf­fi­santes pour éta­blir un diag­nos­tic d’une mala­die chro­nique.

Mer­ci de votre atten­tion,
Marc Lebailly

  1. Esquisse d’une cli­nique psy­cha­na­ly­tique struc­tu­rale p 523 éd L’Harmattan.